13 novembre 2005
DVD / Le sourire de Mona Lisa
Le synopsis
En 1953, Katherine Watson, une jeune femme libre d'esprit, fraîchement diplômée de l'université de Bekerley, intègre la prestigieuse école pour filles de Wellesley pour enseigner l'histoire de l'art. C’est à travers l’art moderne (peu apprécié à cette époque) qu’elle va insuffler à ses étudiantes l'envie de se dépasser et d'avoir le courage de mener l'existence qu'elles souhaitent réellement vivre. Alors qu’elles n’étaient destinées qu’à devenir de bonnes ménagères.
Actrices
Julia Roberts (Pretty Woman, Le mariage de mon meilleur ami, Erin Brockovitch)
Kirsten Dunst (Rencontre à Elizabeth Town, Spider-Man)
Marcia Gay Harden (Pollock, Space Cow Boy)
Un film peu apprécié par les critiques et pourtant…
Quand le film est sorti, beaucoup de critiques y ont vu un Cercle des poêtes disparus pour filles en quête de rébellion modérée avec « tout ce qu’il faut de mièvrerie gentille » (Magazine Positif). D'autres, ont parlé d’un manque d'originalité et d’un profond sentiment d’ennui.
Il est clair que ce n’est pas un film intellectuel avec de grands principes philosophiques comme les aime Télérama. Mais c’est tout simplement un beau film. Les actrices jouent divinement bien. Julia Roberts, à travers son personnage, nous apprend à regarder l’Art autrement. Et regarder l’Art autrement nous apprend à regarder la vie autrement…
L'université de Wellesley
Wellesley fait partie des plus prestigieuses universités féminines et les plus rigoureuses. Des grands noms y sont sorties comme Hillary Clinton ou encore Madeleine Albright.
La phrase
Depuis qu’on a la capacité de reproduire l’Art, il devient accessible à tous et maintenant plus personne n’a besoin de posséder un original. Julia Roberts
Références
Film américain
Réalisation : Mike Newell (Quatre mariages et un enterrement, Harry Potter et la Coupe de Feu, Donnie Brasco)
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h59
Sortie du film : 2003
Sortie du DVD : 2004
Les bonus
Filmographies
3 documentaires à voir absolument sur le débat sur l'art, les étudiants d'hier et d'aujourd'hui, 1953 : portrait de femmes.
Clip The Heart of Every Girl par Elton John
Bandes-annonces
12 novembre 2005
DVD / High Fidelity
Synopsis
Rob Gordon tient à Chicago une boutique de disques fréquentée par des amateurs de vinyls et d'albums rares des années 60 et 70. Il a deux employés, Barry et Dick, plutôt loufoques avec une personnalité bien affirmée. Sa vie entière est placée sous le signe de la pop. C'est en elle qu'il puise le courage d'affronter le quotidien, c'est elle qui l'accompagne depuis toujours dans ses tribulations sentimentales et donne un sens à son existence. Après avoir enduré moult ruptures, Rob est une fois de plus plaqué. Il s'efforce de comprendre les raisons de ce nouvel échec. Il décide de relancer ses ex pour trouver la clé de l'énigme.
Les acteurs
John Cusack (Minuit dans le jardin du bien et du mal, Dans la peau de John Malkovich, La ligne Rouge) , Iben Hjejle (The Emperor's new clothes), Todd Louiso (Rock, Apollo 13), Jack Black (Ennemi d'Etat).
Une programmation musicale exceptionnelle
J'invite les amateurs de pop et de rock américain des années 60-70 à se procurer la BO du film de High Fidelity avec entre autres Stereolab, le Velvet Underground, Stevie Wonder, Elvis Costello, Bob Dylan... Cette sélection a été supervisée par Kathy Nelson, l'une des spécialistes en la matière. Elle a notamment mis sa compétence au service de Quentin Tarantino (Reservoir dogs, Pulp fiction) ou encore Martin Scorsese (La couleur de l'argent, Casino, A tombeau ouvert).
La phrase
"Est-ce la pop music qui nous rend mélancolique ou notre côté mélancolique qui nous fait aimer la pop music ?" John CUSACK.
Références
Film américain, britannique.
Réalisation: Stephen Frears (Les liaisons dangereuses, Héros malgré lui, Dirty pretty things)
Scénario: Scott Rosenberg et John Cusack, adapté du roman High Fidelity de l'écrivain anglais Nick Hornby
Genre : Comédie
Durée : 1h44
Sortie du film : 2000
Sortie du DVD : 2005
Les bonus
Conversations avec John Cusack
Conversations avec Stephen Frears
9 scènes abandonnées
07 novembre 2005
DVD / "Pollock" d'Ed Harris
"
Pollock " est l’histoire d’une vie. Celle de Jackson Pollock,
peintre atypique du milieu du XXe siècle, figure d’une époque défigurée
par la guerre, connu pour être l’inventeur du dripping, technique qui
consiste à laisser couler de la peinture très liquide d’un pinceau ou
d’une baguette de bois sur la toile étalée au sol. Celle aussi du
réalisateur Ed Harris, qui donna dix ans de sa carrière à ce peintre
très controversé. Dix années pendant lesquelles l’acteur d’ " Apollo 13 "
s’est imprégné de l’œuvre, de l’univers noir et destructeur de Pollock,
s’est documenté sur le peintre jusqu’à se fondre dans une sorte
d’intimité artistique qu’il nous livre ici presque dans la confidence.
Le
film débute dans les années 40. Jackson Pollock, cherche son art dans
les peintres qu’il admire : Picasso, Miro. Il partage sa vie
d’alcoolique avec son frère dans un appartement de New York. Il
rencontre Lee Krasner, sa future femme, puis Peggy Guggenheim, qui lui
offrira ses plus grandes expositions.
Le film défile de cut en
cut. Des images, morceaux de vie qui n’ont aucun autre lien que la
peinture qui coule. Pas de musique, une mise en scène épurée, presque
crue, à la lueur d’une bougie ou d’une fenêtre entrebâillée. Et puis la
lumière surgit, sous les coups de pinceau. Dans une chorégraphie des
couleurs, Ed Harris peint Mural d’une seule traite, comme poussé par un
feu intérieur qui dévore la toile. Les scènes de peinture sont les plus
soignées du film. Ed Harris effectue les mouvements que Pollock avait
fait 60 ans avant lui avec une minutie, et un naturel déconcertant.
Chaque coulée de peinture sur la toile semble à la fois millimétrée et
instinctive.
Pourtant, la peinture n’occupe qu’une place minime
dans l’œuvre d’Harris. C’est Pollock qu’Harris filme. Un homme
renfermé, qui se sert de l’art pour se peindre de l’intérieur, ce qui
donne des tableaux chaotiques, emmêlés, noirs et brouillons, écorchés
par des traînées rouges sang. Pollock ne voulait pas représenter le
monde, son monde : c’était lui. Egocentrique et impulsif, Pollock
noyait son mal-être dans l’alcool.
On est bien loin du film de
Maurice Pialat qui avec son film " Van Gogh " nous montrait toute la
misère du peintre en pleine déchéance dans de longs plans étouffants et
aux limites du malaise, Ed Harris ne fait que montrer, sans jugement ni
complaisance, sans rajouter à la descente aux enfers qui se joue devant
nos yeux, et qui poussera Pollock au suicide.
Le film vaut
surtout pour la performance de ses acteurs, Ed Harris, un Pollock qui
renaît de ses cendres, mais aussi Marcia Gay Harden. L’actrice est
époustouflante dans le rôle de la peintre Lee Krasner. Une artiste qui
s’est effacée elle-même pour valoriser le talent de son mari. Une femme
aveuglée par le génie de Pollock, oubliant les maîtresses de celui-ci.
Une épouse qui l‘a soutenu et poussé jusqu’au bout et qui a très
largement contribué, même après sa mort, à la reconnaissance de son nom.
"
Pollock " n’apporte pas d’explication ou de réponse à cette question si
souvent posée « Pourquoi peignait-il comme ça ? ». Le réalisateur ne
fait que nous montrer la vie d’un homme, devenu l’un des plus grands
artistes des années 50. C’est peut-être pour cette raison que l’œuvre
d’Ed Harris plaît surtout aux inconditionnels du peintre. Comme un
tableau de Pollock, ce film ne se commente pas, il se savoure.
Les bonus
Le
making of de 22 minutes qui mêle l’histoire de Jackson Pollock à celle
du film. Enrichi par les témoignages des acteurs et de l’équipe chargée
de la décoration et spécialement des tableaux, ce bonus nous montre
comment, après dix ans de recherches sur le peintre, Ed Harris a lié sa
performance d’acteur à celle de réalisateur pour rendre le film proche
de Pollock.
L’émission de Charlie Rose qui révèle ce que le film
ne dit pas. Dans cette interview de 25 minutes, le réalisateur revient
plus amplement sur la vie du peintre, sur son œuvre, sa renommée dans
le monde de la peinture, et toutes les questions que les gens et les
critiques se sont posés sur l’artiste et ses tableaux. L’acteur revient
sur ses recherches et sa mise en condition pour s’immerger totalement
dans la vie passée de Pollock, en peignant ses propres toiles par
exemple. Ce bonus contient également l’interview d’un spécialiste de la
peinture abstraite sur l’impact des tableaux de Pollock dans l’histoire
de l’art.
Quatre scènes supplémentaires avec une
particulièrement intéressante, « La peinture de Lee ». Cette scène est
remarquable car c’est la première fois que Lee Krasner est présentée
comme une réelle artiste. Dans cette séquence, Pollock se lève au
milieu de la nuit pour retoucher un tableau de sa femme afin de lui
redonner l’inspiration. Pour la première fois, Lee ne s’émerveille pas
du travail de son mari, au contraire, elle en devient furieuse. Au
début du film, Lee montre quelques unes de ses toiles à Pollock, mais
on ne la voit jamais en train de peindre. Cette scène a sûrement été
coupée car elle dénotait dans la façon dont Lee était montrée tout au
long du film, comme une artistes qui a oublié ses propres talents pour
ne défendre que ceux de son époux.
Le réalisateur : Ed Harris
Né
le 28 novembre 1950 à Tenafly dans le New Jersey, Ed Harris a
développé, dès le début de ses études, un grand attrait pour les arts.
Au début des années 70, il entre à l’Institute of Arts de Californie,
où il obtient sa licence en 1975. C’est ensuite le théâtre qui le
dévore. Il s’illustrera notamment dans des pièces telles que " Un tramway
nommé désir " ou " Hamlet ". Après quelques apparitions dans des séries
télévisées, Ed Harris gagne le grand écran. Il obtient son premier rôle
en 1978 dans un film de Michael Crichton, " Morts suspectes ", mais sa
carrière cinématographique décollera vraiment en 1995 avec " Apollo 13 " de
Ron Howard. Dans les années 90, Ed Harris enchaîne les films mais
n’oublie pas pour autant le théâtre. Il rencontre les plus grands
réalisateurs (James Cameron pour " Abyss ", Jean-Jacques Annaud dans le
film " Stalingrad ", ou encore Clint Eastwood qui le dirigera en 1997 dans
" Les pleins pouvoirs "), et joue aux côtés des stars d’Hollywood (Tom
Cruise dans " La firme " de Sydney Pollack ou encore Jim Carrey dans " The
Truman show " de Peter Weir). En 2000, il retrouve Ron Howard dans " Un
homme d’exception ". C’est aussi cette année-là qu’il concrétise le plus
grand projet de sa vie : " Pollock ", dans lequel il sera acteur,
producteur, et pour la première fois réalisateur. Depuis, il s’est
illustré aux côtés de Meryl Streep dans " The Hours" de Stephen Daldry.











