30 novembre 2005
Événement / 67 chefs d'oeuvres à Paris
Le Sénat présente au musée du Luxembourg un
ensemble extraordinaire de 67 chefs-d’oeuvre en provenance de l’un des
plus importants et anciens musées privés d’art moderne au monde, la
Collection Phillips de Washington. C'est Ducan Phillips (1886-1966) qui
en est à l'origine. Issu d'une famille d'industriels et de banquiers
américains, il étudie l'art à Yale. Il commence une tournée en Europe.
Il écrit et publie de très nombreux articles sur l'art. Dès 1911, il
visite Paris et "découvre la lumière des impressionnistes, cette
peinture qui l'enchante". Alors il acquière des tableaux de Degas,
Renoir, Sisley, Van Gogh, Monet. Après les impressionnistes c'est
l'école américaine qui séduit le collectionneur. Il achète les oeuvres
d'Edward Hopper, Sam Francis et Mark Rothko. Mais Ducan Phillips n'a
pas envi de "stoker" des tableaux dans son grenier, il les expose dans
sa demeure de Washington qu'il ouvre au public en 1921. L'objectif de
Ducan Philips est de montrer des oeuvres des créateurs qui racontent
l'histoire du 20e siècle.
(+ d'infos sur la collection Phillips)
L'exposition est d'une richesse incroyable puisqu'on peut y découvrir
les tableaux des grands maîtres comme Vassily Kandinsky, Vincent Van
Gogh, Francis Bacon, Edward Hopper, Henri Matisse, Paul Klee, Nicolas
de Staël, Georges Braque, Paul, Cézanne, Pablo Picasso...
Infos pratiques: Collection Phillips à Paris jusqu'au 26 mars au musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e.
Ouverts tous les jours de 11h à 19h (de 9h à 19h le dimanche); nocturnes le lundi, vendredi et samedi (jusqu'à 22h).
Tarif: 10 euros (8 euros tarif réduit).
(+ d'infos)
La citation du jour...
L’art apporte deux grandes émotions - celle de la reconnaissance et celle de l’évasion - qui nous emmènent, toutes les deux, aux frontières du moi... Dans ma période de crise j’ai cru devoir créer quelque chose qui exprimerait, d’une part, la conscience des joies que la vie avait encore à m’offrir et, d’autre part, mes possibilités d’évasion dans le territoire des rêves où chaque élément serait posé à sa place, dans une vision d’ensemble, exactement comme l’artiste construit son monument ou son décor.
Duncan PHILLIPS
27 novembre 2005
Brèves de galeries
Diego Giacometti, le frère oublié
On
connaissait Alberto Giacometti et ses sculptures en bronze mais on
connaît beaucoup moins Diego son frère, sculpteur lui aussi. Les deux
frères travaillaient dans le même atelier à Paris et leurs travaux
étaient difficilement dissociables. Une vente sera consacré à ce "frère
oublié" à Drouot à Paris le 14 décembre.
Les nouveaux réalistes sortent de l'ombre
Ce
mouvement des années 60 était composé d'une douzaine d'artistes
farouchement opposés aux règles académiques. Une vente de tableaux
nouveaux réalistes aura lieu les 6 et 7 décembre. Une façon de mettre
en lumière ce mouvement souvent dans l'ombre du pop art. Parmi les
grandes figures du nouveau réalisme: Arman, Raymond Hains, Yves Klein
qui jouit d'une cote supérieure à ses collègues avec ses célèbres
Monochromes.
L'Art pour la bonne cause
Pendant
11 jours, 111 artistes, peintres, dessinateurs, plasticiens,
pastellistes, photographes présentent chacun 11 oeuvres, toutes au même
format (20 x 20), au même prix : 111 euros. Les gains récoltés sont
versés par l'association Voeux d'artistes au service d'hémato et
d'oncologie du professeur Leverger à l'hôpital Trousseau.
A voir et à acheter jusqu'au 3 décembre. Mairie du 8e arrondissement de Paris, 3, rue de Lisbonne. www.vdart.org.
Le design brésilien à Marseille
Une
petite dizaine de designers brésiliens, rois de la récupération,
exposent à Marseille leurs créations en papier ou jean recyclés,
pendant un mois, à La Friche de la Belle de Mai, un ancien espace
industriel.
Cette manifestation a lieu dans le cadre de l'année du
Brésil en France et propose aussi des oeuvres de jeunes designers
français.
Brazil, Brazil. Jusqu'au 23 décembre à la Friche de la Belle de Mai à Marseille. Entrée gratuite. Tel. 04 95 04 95 04.
Découvrir la photo picturaliste à Rennes
Les
pictorialistes (1888-1918) ont été, durant trois décennies, des «
dandys de la photo », des contre-révolutionnaires qui rejetèrent les
progrès techniques, ceux des appareils mécaniques et portatifs, et
préférèrent le geste artisanal, les chambres encombrantes et le long
travail des pigments. Leur but : « élever la photo au rang des arts du
dessin ».
A voir jusqu'au 15 janvier. Musée des Beaux-Arts de Rennes. Tel. 02 23 62 17 45.
25 novembre 2005
Découverte / Jean Dubuffet
Je vous propose aujourd'hui de découvrir un peintre dont on connaît le nom mais pas forcément la peinture.
Jean
Dubuffet (1901-1985) tient une place particulière dans l’histoire de
l’Art moderne. L’artiste est un être atypique qui durant toute sa
carrière n’a pas cherché la reconnaissance institutionnelle ou
financière. Il est contre les conventions de la peinture
traditionnelle, contre les musées et contre les professeurs d’art. Pour
lui, il faut: "Entraîner avec force l’esprit hors des sillons où il chemine habituellement". Il cessera même de peindre plusieurs années, doutant
des valeurs véhiculées par la culture. C'est la découverte de l'"Art
brut" (c'est-à-dire pratiqué par des autodidactes) qui va le
réconcilier avec les pinceaux.
Ses premières oeuvres sont
volontairement mal-habiles, avec un refus de la perspective et des
couleurs vives. Elles ont souvent été qualifiées d’"enfantines"
. Il s'inspire d'ailleurs de dessins d'enfants ou de malades mentaux qu'il juge plus authentiques. Selon lui, sa peinture est "toujours à la limite du barbouillage le plus immonde et misérable et du petit miracle". En
fait, ce qui importait réellement Dubuffet ce n’est pas le
spectaculaire, le grandiose mais au contraire le petit, le minuscule,
tout ce qui est d’habitude pour l’homme "insignifiant".
Il travaillait par séries en utilisant diverses formes et matériaux. Il a réalisé de nombreuses sculptures, notamment avec L'Hourloupe sorte de "monde parallèle au nôtre" constitué de peintures ou de gigantesques sculptures qu'il cerne de bleu, blanc, rouge".
Si
aujourd'hui Jean Dubuffet est considéré comme l'un des plus grands
artistes du 20e siècle, au début de sa carrière il a rencontré de
nombreuses moqueries de la part des critiques français.
Actualité
Exposition: "Dubuffet et l'art brut" présentée à Lille jusqu'au 2 janvier au Musée d'art moderne
Lille Métropole, confronte, pour la première fois en France dans un
projet d'importance, des oeuvres de Jean Dubuffet et des oeuvres d'art brut. Rens. 03 20 19 68 68
La citation du jour...
Être une artiste signifie guérir continuellement ses propres blessures, et en même temps les exposer sans cesse.
Annette MESSAGER
Annette MESSAGER (1943), met en scène la condition féminine de
manière critique et ironique. Par exemple dans "Tortures volontaires"
(1972), elle juxtapose des photographies de femmes cherchant à affermir
leur corps.
Elle a reçu le "Lion d'Or" de la Biennale de Venise en juin dernier.
24 novembre 2005
Et si Warhol avait raison ?
Actuellement
la mode dans les émissions dites “intellectuelles”, c’est la critique
de la télé-réalité. On invite des sociologues, des psychologues et
autres spécialistes. Ils se retrouvent tous autour d'une table dans un
décor généralement austère et nous donnent leur point de vue avec des
mots techniques peu compréhensibles. Mais ces messieurs-dames n’ont
rien inventé en matière de critique.
En 1975, Andy Warhol dans Ma philosophie de A à B et vice-versa (1) parlait
déjà de la télévision et surtout des vedettes. Ami d’une centaine de
gens “célèbres”, ce génie de la pub affichait un regard à la fois
fasciné et critique sur la télé et les stars. Dans son livre, Warhol
avait déjà tout prévu : les débordements des fans, les célébrités
“éclairs”, la difficulté de donner une frontière entre la vie privée et
publique des stars... Et surtout il annonçait déjà l’arrivée de la
télé-réalité avec cette définition de la télé: «De la réalité mise en boîte». Warhol la trouvait magique. Imaginez grâce au petit écran, on peut se prendre pour Loana ou Jacques Chirac : «Vous
pouvez regarder la télé et voir Coca-Cola. Et vous pouvez savoir que le
Président boit du Coca, le clochard boit du Coca et pense donc, vous
aussi vous pouvez boire du Coca...». Du coup c’est si facile de se
retrouver sur un plateau en face de Benjamin ou Nikos. La télé devient
un lieu de reconnaissance où il faut se montrer pour être “in” et même
pour quelques minutes seulement: «À l’avenir chacun aura son quart d’heure de célébrité». Tout le monde réclame le droit de passer à la télé pour être vu, connu et reconnu. Le mot “star” perd ainsi toute valeur.
Mais
si Warhol trouvait la télé magique, il s’en méfiait par-dessus tout.
Elle peut créer en deux mois dans un château, une star, et la détruire
aussi vite: «Une grande vedette peut vendre des millions de disques
mais si elle tourne un mauvais film, dès que la rumeur est lancée,
c’est fini».
Et si aujourd’hui les films de Warhol étaient diffusés, ils pourraient remplacer le feu-Loft Story: «Ce
qu'il y a de bien dans mes films c'est que l'on peut s'absenter, aller
aux toilettes, manger et revenir, on n'a pas raté grand chose !». Dans Sleep, Warhol filmait durant 6 heures un homme en train de dormir en plan fixe.
Warhol
est certainement le plus connu (et le plus méconnu) des artistes Pop
art et le plus controversé. Il a toujours dit ce qu’il pensait sur la
télé et les stars mais sans jamais sortir la carte de la condamnation.
Et ça, ça change des autres critiques!
(1) Ma philosophie de A à B et vice-versa, d'Andy Warhol, ed. Flammarion
La citation du jour...
Je réussis du premier coup à la quarantième fois.
Jean BAZAINE
Jean BAZAINE (1904-2001), compose au début de sa carrière dans les années 40 des toiles abstraites et poétiques. En 1950, il s'inspire de la nature pour peindre des toiles aux couleurs vives, intenses, aux rythmes vivants. En 1976, il fonde l'Association pour le respect et l'intégrité du patrimoine artistique (Aripa).
23 novembre 2005
Brèves de galeries
Un Monet à 400. 000 euros
Une
huile sur toile de la série des falaises de Claude Monet, "Falaise près
de Dieppe", mis à prix 320.000 euros a été vendue 400.000 euros lors
d'enchères à l'hôtel des ventes de Rouen.
Picasso en Turquie
Le
musée Sakip Sabanci d'Istanbul présentera à partir de demain la
première exposition en Turquie consacrée au peintre Pablo Picasso,
comprenant 135 oeuvres de l'artiste dont certaines jamais montrées au
public depuis sa mort en 1973.
Culture et marché
Le
mois dernier une convention sur la diversité culturelle été adoptée par
l'Unesco en dépit de l'opposition farouche des États-Unis. Cette
convention vise à affranchir la culture des règles du commerce
international.
Lancée et ardemment promue par la France et le
Canada, cette « Convention sur la protection et la promotion de la
diversité des expressions culturelles » a été approuvée par 148 états,
deux s'y étant opposés (États-Unis et Israël) et quatre s'étant
abstenus (Australie, Nicaragua, Honduras, Liberia).
Sartre à Cuba
Cuba
commémore le centenaire de la naissance du philosophe français
Jean-Paul Sartre par une série d'événements culturels centrés sur son
voyage à Cuba avec Simone de Beauvoir en 1960, un an après la
révolution castriste. Au programme: Expositions des photos d'Alberto
Korda (le photographe du "Che") sur le voyage du célèbre couple
d'intellectuels, représentation de "La Putain respectueuse", colloques
et
projections de films, dont "Cuba, Si" de Chris Marker.
Willy Ronis à Paris
A 95 ans, l'Hôtel de Ville de Paris rend
hommage au photographe amoureux de Paris. Cette exposition
dévoile 75 ans de photographie, soit une riche sélection
parmi 90 000 négatifs où apparaît l'âge d'or de la photo « humaniste »,
et où pointe l'admiration de Ronis pour Bruegel et Rembrandt, qui lui
ont appris la lumière et la composition, ont formé son goût pour les
scènes du quotidien.
A voir jusqu'au 18 février à l'hôtel de ville de Paris.
Tel. 01 42 76 43 43. Un catalogue de l'expo est publié « Willy Ronis, Paris, éternellement »
(Hoëbeke, 157 p., 34 euros). (+d'infos)
La citation du jour...
Quand
un bon sculpteur modèle des corps humains, il ne représente pas
seulement la musculature, mais aussi la vie qui les réchauffe.
Auguste RODIN
22 novembre 2005
Télévision / Les rendez-vous de la semaine
Documentaire / Vies et morts d'Andy Warhol
France
3 ouvre ses programmes du samedi soir aux documentaires inédits. Pour
inaugurer cette case de deuxième partie de soirée, la chaîne propose Vies et morts d'Andy Warhol de Jean-Michel Vecchiet. A voir
absolument car Andy Warhol est le plus souvent réduit à sa célèbre
phrase "Tout le monde aura son quart d'heure de célébrité", alors qu'il
est un artiste majeur du 20e siècle. Les medias et l'art continuant
même à s'inspirer de lui aujourd'hui.
Ce document met en lumière la
vie publique et la vie privée de Warhol avec de nombreux témoignages de
ses amis, proches et famille.
Un DVD fera suite à cette diffusion. Sa sortie est prévue le 5 décembre.
Résumé: Vies et morts d'Andy Warhol de Jean-Michel Vecchiet, France 3, vendredi 25 novembre à 23h20.
Magazine / Suivez l'artiste
Je vous avais parlé il y a quelques temps de d'Art d'Art,
l'excellent programme court de France 2. Zappez sur votre télécommande
et taper "3" pour Suivez l'artiste, le programme court "art" de France
3. Chaque samedi et dimanche, une personnalité vous invite en 1'30 à
partager l’émotion que lui procure l’une des œuvres de la collection du
centre Georges Pompidou.
Résumé: Suivez l'artiste sur France 3, tous les samedis vers 18h20. Rediffusion tous les dimanches vers 00h10.
(+ d'infos pour voir ou revoir les anciennes émissions)











